BMR : jamais trop tard pour faire un virage numérique 26 mars 2019

Le Groupe BMR a beau être le plus grand quincaillier québécois, ce n’est qu’en 2017 qu’il a entrepris sa transformation numérique. Une transformation qui culminera ce printemps avec la conversion de ses premiers magasins vers un concept omnicanal. C’est Jonathan Gendreau, vice-président marketing et stratégie numérique du réseau de 300 marchands, qui a piloté ce projet. Il viendra justement en parler lors du salon Connexion le 17 avril à 12h30.

Aujourd’hui, est-ce trop tard de se lancer dans une transformation numérique ?

Jonathan Gendreau : Non, chez BMR, on est la preuve que c’est possible. Notre virage a commencé en 2017 avec mon arrivée et la formation de l’équipe. La même année, on a développé notre premier site transactionnel. Ça nous a permis de passer d’une entreprise bonne dernière à une entreprise dans le peloton. Et maintenant, on veut se faire une place parmi les leaders.

Quelle est la clé du succès quand on amorce une telle transformation après ses compétiteurs ?

J.G. : Recruter les bons talents. Ça implique d’embaucher des gens d’expérience qui ont réalisé des virages numériques ailleurs. Vous savez, il y a beaucoup de gens qui carburent aux défis! Il faut donc investir dans les talents. On ne peut pas rattraper un retard sans mettre les bouchées doubles.

Pourquoi avoir choisi de miser sur l’humain et le local pour réussir votre transformation numérique ?

Jonathan Gendreau : D’abord, parce que l’être humain et l’ancrage local sont dans l’ADN de notre marque. Ensuite, parce qu’on croit que c’est l’unique façon de concurrencer les géants, comme Amazon, eBay et Alibaba. La guerre est perdue d’avance si on mise seulement sur la technologie. En revanche, nos familles de marchands qui sont là de génération en génération, c’est un grand atout. On va bâtir le numérique autour de ces gens-là. Ce n’est pas demain que les Amazon de ce monde seront capables de recréer le savoir-faire de nos marchands avec l’intelligence artificielle. Quant à l’aspect local, 75 % de nos produits sont fabriqués au Canada. Et des indices nous laissent croire que le protectionnisme américain commence à irriter les consommateurs canadiens qui cherchent de plus en plus à acheter local.

Parlez-nous de votre stratégie numérique.

J.G. : Les consommateurs d’aujourd’hui veulent magasiner en ligne. C’est un fait. Dans notre industrie cependant, les achats se concluent souvent en magasin parce qu’il s’agit de matériaux, de produits complexes, d’articles qu’il faut installer. De plus, 85 % des gens disent que c’est important de toucher le type de produits qu’ils achètent chez nous. Normal, ce sont des biens qui durent plusieurs années. Quand tu achètes une porte ou une baignoire, c’est pour longtemps ! Nos marchands sont donc au centre de notre stratégie numérique.

Qu’est-ce que ça veut dire concrètement ?

J.G. : Nos magasins seront omnicanaux. Ils auront en stock tous les produits d’un BMR classique. Mais en plus, ils auront accès à un entrepôt infini, c’est-à-dire qu’ils auront en démonstration sur le plancher une panoplie d’autres articles que les consommateurs pourront commander en un clic. Ces articles proviendront de notre dépôt centralisé et seront livrés en 24 à 48 heures. Avec ce concept d’entrepôt infini rendu possible grâce au numérique, on va offrir beaucoup plus de choix aux clients dans nos magasins physiques. Ce sera un grand avantage concurrentiel pour nos marchands.

À quoi ressemble votre échéancier ?

J.G. : Notre premier magasin omnicanal ouvrira ce printemps à Ville Mont-Royal sous la bannière La Shop BMR qui est notre concept de quincaillerie en milieu urbain. À la même période, La Shop BMR de Griffintown, ouvert il y a un an, deviendra aussi omnicanal. On commence avec ces deux quincailleries, car elles figurent parmi nos rares magasins corporatifs. Après avoir testé et peaufiné notre nouveau modèle, on va transformer graduellement les magasins BMR indépendants en magasins omnicanaux. C’est un énorme chantier qui commencera vers la fin de 2019 et durera quelques années.