«Nous sommes à l’âge de pierre de la technologie » 21 février 2018

Le statu quo n’est pas une option. Les entreprises doivent commencer à se pencher sur leur transformation numérique, sous peine d’être dépassées voire de disparaître.

En matière d’innovations technologiques, on n’a encore rien vu, selon Benoît Simard, vice-président Marketing affaires chez Telus. « J’ai lu récemment qu’au 21e siècle, l’humanité ne vivra pas 100 années de progrès technologiques, mais bien l’équivalent de 20 000 années. Les développements vont s’accélérer et toutes les entreprises seront touchées. Ça fait peur à plusieurs, c’est normal. Mais cette crainte a ceci de positif qu’elle incite à se réinventer. »

Pour réussir son virage numérique, la collaboration entre le service des technologies de l’information (TI) et les autres fonctions de l’entreprise est essentielle. « Ce ne sont pas les gens des TI à eux seuls qui vont apporter les solutions, souligne le conférencier. Il faut cesser de travailler en silo. Cela passe souvent par un changement de culture d’entreprise. »

Big Data, réalité virtuelle, Internet des objets, intelligence artificielle, plateforme de collaboration… « Les gestionnaires de tous les services doivent se montrer curieux envers la technologie et les innovations qu’elles permettent dans leur domaine et dans leur industrie », poursuit-il.

Le futur, c’est maintenant

L’équipe de direction doit pour sa part mettre en branle un plan de transformation numérique et créer des groupes à l’interne qui seront des accélérateurs de changement.

Il faut se demander notamment comment la technologie peut être utilisée pour stimuler la croissance et comment elle peut redéfinir l’expérience client. « À l’ère de l’instantanéité, les gens ne veulent plus attendre plusieurs minutes au téléphone pour obtenir des réponses à leurs questions, donne en exemple le cadre de Telus. Et on ne peut plus se permettre que les informations des clients soient saisies plusieurs fois par autant d’employés. Il faut qu’une interface unique donne accès à l’historique des clients. »

Sans compter que les entreprises qui ont pris le virage numérique sont en meilleure position pour attirer et retenir les talents. « N’oubliez pas que la jeune génération a grandi dans un environnement connecté. »

L’ennui, c’est que les entreprises consacrent 75 % de leur budget technologique à gérer leurs technologies existantes. Elles disposent donc de peu de ressources pour se préparer au changement. Il pourrait être avantageux de confier la gestion de son réseau à une tierce partie qui prendra aussi en charge l’hébergement et la sécurité des données. L’entreprise peut alors diriger davantage de ressources financières et humaines vers l’innovation.

« Quand on parle de transformation numérique, tout passe par la connectivité, soutient Benoît Simard. D’ailleurs, l’arrivée de la 5G est imminente dans le réseau sans fil. Aujourd’hui, la vitesse de transmission de données peut atteindre environ 100 mégabits par seconde alors qu’avec la 5G, ça pourrait être 30 gigabits, soit un débit 300 fois plus rapide. » C’est bien vrai, on n’a encore rien vu.